mercredi 6 mars 2013










Les promesses d’un jeune mathématicien centrafricain

S i la possibilité théorique de reconstruire des images dites « 2D » ou « 3D » de structures anatomiques, en mesurant l’absorption des rayons X par les tissus avant de numériser, par traitement informatique, les données ainsi collectées, a été décrite dès les années 1910, ce n’est pourtant qu’en 1972 que le premier scanner à rayons X a vu le jour. Entre temps, il a fallu en effet qu’émerge l’informatique qui allait permettre le développement des ordinateurs nécessaires au fantastique essor de cette technique d’imagerie, connue également sous le nom de tomodensitométrie. Les recherches que développe actuellement Doriano-Boris Pougaza dans le cadre de sa thèse s’inscrivent dans le prolongement de ces travaux mathématiques sans lesquels les différentes techniques d’imagerie, utilisées en médecine mais aussi dans beaucoup 
d’autres domaines, n’existeraient pas aujourd’hui. 

Qui sait si les équations de ce jeune mathématicien centrafricain ne déboucheront pas à terme sur une nouvelle technologie d’imagerie encore plus performante ?



Doriano- Boris Pougaza
Doriano- Boris Pougaza





























« Il suffit de jeter un oeil sur l’histoire des sciences pour observer qu’il s’écoule souvent beaucoup de temps entre la théorie et l’application, même si cette période a de plus en plus tendance à se raccourcir », note D.-B. 

Pougaza qui rappelle que le principe de la tomodensitométrie repose sur le théorème de Radon qui doit son nom au mathématicien autrichien du même nom (1887-1956). 

Proposé en 1917, ce théorème établit en effet « la possibilité de reconstituer une fonction réelle à deux variables, assimilable à une image, à l’aide de la totalité de ses projections selon des droites concourantes ». Pourtant, il faudra attendre encore 55 ans avant qu’un ingénieur britannique, Sir Godfrey Newbold Hounsfield (1919-2004), développe le premier scanner médical, alors baptisé « scanographe », pour le compte de l’entreprise britannique EMI (Electronical Musical Instrumental) 
pour laquelle il travaille. Le plus curieux est que lorsqu’il conçoit cet instrument, cet ingénieur ignore totalement qu’un physicien sud-africain, Allan MacLeod Cormack (1924-1998), devenu citoyen américain en 1966, a déjà développé les fondements théoriques de la tomodensitométrie. 

Quelques années plus tard, en 1979, ces deux hommes recevront le prix Nobel de Médecine pour « le 
développement de la tomographie axiale calculée ». 

► Retour au pays après un post-doc 
Depuis, les techniques d’imagerie se sont multipliées et n’ont cessé d’évoluer avec les progrès rapides de l’informatique. 

« Cependant, beaucoup de problèmes restent à résoudre pour permettre notamment une meilleure détection. D’où la nécessité d’imaginer d’autres méthodes grâce auxquelles nous pourrons franchir de nouvelles étapes », résume ce doctorant qui termine aujourd’hui sa dernière année de thèse au sein du Laboratoire des Signaux et Systèmes (CNRS/Supélec/Université Paris-Sud 11) où il s’intéresse plus particulièrement à la tomographie, une technologie d’imagerie utilisée dans le médical, mais aussi en géophysique ou dans le domaine des matériaux. 

Un secteur assurément passionnant et très prometteur pour un jeune mathématicien qui a commencé son cursus universitaire dans l’unique université de son pays, l’Université de Bangui. Pays de 4,5 millions d’habitants, la République Centrafricaine ne compte en effet qu’une 
seule université. Pas facile dans ces conditions de se lancer dans des études supérieures, qui plus est scientifiques, y compris parmi les jeunes qui sont motivés. 

« Beaucoup tiennent à faire des études, mais peu en ont l’opportunité. Quant à ceux qui comme moi parviennent à décrocher une maîtrise de mathématiques, les débouchés sont inexistants », explique-t-il. Et pour ceux qui souhaiteraient faire un Master à l’étranger, voire une thèse, cela relève du défi, les obstacles à franchir étant nombreux. « Pour un étudiant qui suit tout son cursus à 
l’Université de Bangui, il est très difficile par exemple de savoir quelles sont les possibilités qu’offrent les coopérations avec d’autres pays comme la France », précise-t-il. 

C’est par l’intermédiaire de l’un de ses professeurs de l’Université de Bangui que D.-B. Pougaza a découvert l’existence de l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) en Afrique du Sud, situé près du Cap. Fondé en 2003, à l’initiative du cosmologiste sud-africain Neil Turok, cet institut d’enseignement supérieur indépendant, parrainé par plusieurs universités étrangères, dont 
celle de Paris-Sud 11, est financé par le gouvernement sud-africain et des entreprises privées. Ici, des étudiants sélectionnés sur tout le continent africain et pris en charge à 100 % reçoivent une formation scientifique prédoctorale de haut niveau. « Comme j’étais parmi les meilleurs étudiants de l’Université de Bangui, j’ai posé ma candidature et c’est ainsi que j’ai été le premier Centrafricain 
à intégrer AIMS », se rappelle-t-il avec émotion. 
Car pour lui, il s’agissait d’un changement total. 

C’était en effet la première fois qu’il quittait son pays, qu’il prenait l’avion, qui plus est qu’il allait parler l’anglais au quotidien, alors qu’en Centrafrique on privilégie le Sango, la langue locale, et le Français. Là, pendant un an, en compagnie de la « crème » des étudiants africains, il allait pouvoir travailler dans des conditions exceptionnelles. 

« A AIMS, nous étions logés avec les professeurs, nous prenions nos repas ensemble, nous échangions au quotidien, tout cela dans une atmosphère propice à la recherche. Le plus extraordinaire est sans doute la disponibilité de ces professeurs. Ce sont des conditions 
idéales pour travailler », observe-t-il. Il décroche ainsi son Master décerné par l’University of the Western Cape. 

Entre temps, D.-B. Pougaza, par l’intermédiaire d’une représentante de l’Université Paris-Sud 11, en visite à AIMS, a appris qu’il existe des opportunités de faire une thèse en France. Envoi de CV, prise de contact, et c’est ainsi qu’il finit par être accepté au Laboratoire des Signaux et Systèmes. C’est en juillet prochain qu’il doit achever la rédaction de sa thèse, aboutissement de trois années de travail intense. Il lui restera ensuite à la soutenir publiquement avant de se lancer dans des études postdoctorales. 

Certes il souhaite rentrer dans son pays pour essayer d’y initier des projets, mais il estime qu’il doit 
encore parfaire ses connaissances. Une situation à laquelle sont confrontés beaucoup d’étudiants africains qui, après avoir pu bénéficier d’un environnement scientifique de qualité, tant sur le plan humain que matériel, même si leurs conditions de vie ne sont pas toujours au même niveau, doivent retourner dans des pays où les moyens nécessaires à la pratique de la recherche font souvent défaut. « C’est un peu difficile alors de retourner brutalement dans son pays », lâche le thésard centrafricain. 
Pour autant, pas question de ne pas rentrer et de s’installer à l’étranger. « Si tout le monde quitte le pays et ne revient pas ensuite ce sera difficile de le faire décoller », ajoute-t-il. A cet instant il se souvient de quelques-uns de ses professeurs de l’Université de Bangui qui, eux-mêmes, avaient poursuivi des études en France avant de revenir au pays, « pour nous motiver ». 

► Investir prioritairement dans l’enseignement 
Ce jeune mathématicien espère ainsi pouvoir dispenser des cours à l’Université de Bangui, afin de former de futurs enseignants et chercheurs, tout en poursuivant ses travaux en parallèle, même si la recherche en Centrafrique est hélas quasiment inexistante faute de moyens. « Il est indispensable que nous puissions disposer d’accès efficaces et performants à Internet afin de ne pas être 
déconnectés de la communauté scientifique internationale ». Faire de la recherche implique aussi pour les chercheurs centrafricains de pouvoir participer à des conférences internationales mais aussi d’en organiser et d’y faire venir des collègues étrangers. Il est également indispensable de pouvoir publier dans des revues internationales à comité de lecture et d’initier des coopérations avec des équipes étrangères. Autant d’activités qui nécessitent de « travailler dans la tranquillité et de ne pas 
avoir de soucis. Or mon pays est confronté à beaucoup de problèmes relativement préoccupants ce qui empêche les chercheurs de concentrer toute leur énergie sur leurs travaux », indique-t-il. 

Cela dit, D.-B. Pougaza reste optimiste. « Si vous observez l’histoire des grands pays occidentaux, vous verrez que tous ont connu des débuts difficiles avant de pouvoir disposer d’une recherche de qualité. AIMS Afrique du Sud est un exemple dont nous devons nous inspirer si nous voulons être capable de mettre en place un solide outil de recherche au cours des dix ou vingt prochaines 
années ». Dans les « Misérables », Victor Hugo a écrit : « l’homme a un tyran, l’ignorance (…) Ouvrez une école et vous fermerez une prison ». Dans le prolongement de cette « recommandation » si vraie, l’étudiant centrafricain et l’un de ses collègues congolais, qui réalise sa thèse à Londres, prenant la parole le 15 avril dernier, lors d’une conférence de l’Unesco à Paris sur le thème de la science en Afrique, n’ont pas hésité à déclarer : « Si nous pouvions avoir beaucoup de professeurs ce serait mieux que de recevoir des militaires en Afrique. Dans certains pays africains, vous allez trouver beaucoup de soldats. 
En revanche, il n’existe quasiment pas de professeurs, d’ingénieurs ou de chercheurs ». 
Aussi est-il urgent de changer les mentalités en investissant prioritairement dans l’enseignement et en favorisant le partage des connaissances entre les pays occidentaux et les pays en développement. « AIMS Afrique du Sud a montré la voie en réussissant à faire venir en Afrique des professeurs du monde entier, des professeurs qui m’ont permis de grandir dans la recherche », constate D.-B. 
Pougaza. N’était-ce pas l’objectif de Neil Turok qui, lorsqu’il créa AIMS, avait affirmé : « Nous découvrirons une multitude de jeunes Africains dotés d’un véritable génie créatif qui, après leur passage à AIMS, deviendront d’excellents professeurs et chercheurs, capables de produire des avancées révolutionnaires non seulement de la science, mais aussi dans les domaines de l’économie ou de la politique ». La pompe est amorcée. Reste à présent à généraliser cette démarche originale à l’ensemble des pays d’Afrique afin que ce continent puisse à terme montrer son vrai visage, prometteur, au travers des compétences et de la motivation de sa jeunesse.■ 

Jean-François Desessard
journaliste scientifique 

Contact : Doriano-Boris Pougaza 
Courriel : pougaza@gmail.com 
article paru dans La Lettre de la CADE, Ma i 20 1 1 - n ° 1 4 1 
Samedi 18 Juin 2011 - 13:49
Jean-François Desessard

lundi 4 mars 2013









BANGUI : LA GRÈVE DES ENSEIGNANTS VACATAIRES SE POURSUIT

Bangui, 4 mars 2013 (RJDH) – Les enseignants vacataires de l’Université de Bangui qui sont entrés en grève depuis deux semaines ont barricadé le portail du rectorat et certaines salles de classe ce lundi 4 février. Ils réclament du gouvernement le payement de leurs frais de vacations.
Ces enseignants vacataires ont déposé des feuilles de palmiers devant le portail du rectorat et à l’entrée de l’Université de Bangui. Ils ont également chassé les étudiants dans les amphithéâtres.
« Lors de notre rencontre avec le ministre délégué aux finances, ce dernier nous a rassurés que notre frais de vacations se trouvent au niveau du Trésor public. Mais quand nous étions partis là-bas, on était chassé par des militaires comme des animaux sauvages. C’est pour cela que nous avons décidé de bloquer toutes les activités à l’Université », a déclaré un enseignant vacataire qui a requis l’anonymat.
La même source a par ailleurs souligné que les grévistes vont reprendre les cours, que lorsque leur revendication sera satisfaite. « Tant que le gouvernement ne nous verse pas notre argent, nous n’allons pas reprendre les enseignements. Nous allons toujours perturber les activités que ce soit de l’administration ou des étudiants », a-t-elle fait savoir.
Signalant que les forces de l’ordre étaient dépêchées sur les lieux, afin d’intervenir, en cas de débordement.



dimanche 24 février 2013









BANGUI : LE RESTAURANT UNIVERSITAIRE RAVITAILLE LA POPULATION ENVIRONNANTE

Bangui, 23 février 2013 (RJDH) – Le restaurant de l’Université de Bangui s’est transformé ces derniers mois en un lieu de ravitaillement en produits alimentaires de la population environnants. Une pratique décriée par les étudiants pourtant niée par la direction des œuvres universitaires.
D’après la description faite au RJDH le vendredi  par un étudiant de la faculté des sciences économiques, Fulbert Fangaï,  « autours du restaurant on peut voire des femmes et des enfants avec des paniers ménagères en main qui rodent et attendent  le personnel pour acheter les aliments », a-t-il dit.
« C’est un véritable marché qui se passe autours du restaurant. Les habitants des quartiers environnent ne se ravitaillent en produits alimentaires  entre autres le  poisson,  la viande de bœuf, le  riz  l’huile etc.  Alors que ces aliments sont réservés aux étudiants », a expliqué Fulbert Fangaï.
Pour Carine Yézoua, étudiante en année de licence à la faculté des Lettres et sciences humaines, cette pratique est faite avec la complicité certains membres de l’Association des étudiants centrafricains (ANECA).
« Aujourd’hui la quantité de la nourriture qu’on nous donne n’est pas suffisante  à cause de cette situation. Pour moi, les responsables de ces actes sont ceux qui travaillent au niveau du restaurant en commun accord avec les  membres de ANECA», a-t-elle ajouté.
De son côté le  bureau exécutif de l’ANECA  qui dit ne pas se reconnaître dans cette pratique, entend mettre en place un garde fou pour mettre fin à ces actes.
« Nous allons mettre en place une équipe mobile qui sera composée rien que des étudiants. Elle  aura pour tâche de sillonner les alentours du restaurant afin de mettre la main sur les vendeurs et les acheteurs », a expliqué Fleury Pabandji, président de l’ANECA.
Il également souligné que l’ANECA  a déjà saisie le rectorat, afin de  plaidoyer auprès du gouvernement pour que les forces de l’ordre  puissent être déployés au restaurant. « Nous avons écrit une lettre au recteur pour qu’on puisse faire venir la police, parce qu’il existe aussi des gens qui se transforment les alentours de l’Université en un supermarché de Bangui », a-t-il conclu.
Interrogé sur la question, le directeur  des œuvres universitaire monsieur Ovènè a déclare qu’il n’existe pas un marché à l’Université de Bangui. Il pointe du doigt certains étudiants mal intentionnés qui seraient  à l’origine de cette pratique.
« Il n y a pas de marché ici mais ce sont un certains nombre des étudiants qui travaillent même au niveau du restaurant qui vendent ce qu’ils gagnent comme nourriture à ces personnes », a-t-il relevé.

mercredi 20 février 2013








BANGUI : LES ÉTUDIANTS DE LA FLSH MÉCONTENTS DE CERTAINS ENSEIGNEMENTS

Bangui, 20 févr. 13 (RJDH) – Les étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) ont boycotté les enseignements ce matin à l’Université de Bangui. Ceux-ci demandent au décanat d’invalider certaines cours et le démarrage des enseignements au niveau master2 dans  certains départements. Une manifestation  qui a vu l’intervention du Recteur Georgette Débalé.
« Nous avons commencé les activités académiques pour l’année 2011-2012, nos camarades des autres facultés ont terminé les enseignements et entamé une nouvelle année. Cependant à la FLHS certains départements n’ont pas encore terminé les programmes. C’est ce que nous jugeons d’anormal », a déclaré le vice président de l’Association des étudiants de FLSH, Hermane Ngrébada.
Il a mentionné que plusieurs requêtes ont été adressées au Doyen, pour réclamer le comportement de certains enseignants qui ne dispensent pas normalement les cours, mais veulent qui évaluer les étudiants. « D’autres vont jusqu’à insulter les étudiants pendant les cours. Toutes ces revendications n’ont pas eu une réponse satisfaisante », a-t-il expliqué.
« Au département de sociologie, un cours qui a un volume horaire de 50 heures, l’enseignant n’a dispensé que trois heures trente minutes de cours et il se permet de venir évaluer les étudiants. Ce même problème se trouve au département de géographie », a-t-il démontré.
Max Christian Mokopolo, le délégué culturel de FLSH pense de son côté qu’il existe une crise de leadership au sein de cet établissement. « Les enseignants ne respectent ni le décanat ni les textes qui régissent le déroulement des activités sur le campus universitaire », a-t-il souligné.
« Au département de langue vivante, un enseignant après avoir procédé à une évaluation, celui-ci a ramené les copies deux mois plus tard. Il exige aux étudiants de passer les examens de fin d’année et sur quelle base il va évaluer les étudiants ? », s’est-il interrogé.
« Le recteur est venu leur faire comprendre qu’il y a des textes qui régissent le fonctionnement de l’Université de Bangui, notamment la sanction des études qui n’est pas du ressort des étudiants. Ce sont les enseignants et l’administration qui établissent les programmes des enseignements », a souligné le Doyen de la FLSH, Anicet Guiyama Massogo.
Selon le Doyen, quand une matière n’est pas enseignée à la fin de l’année, elle est invalidée. Par contre, si un enseignement est dispensé, les étudiants doivent composer. « Et nous avons demandé à ces derniers de composer, car c’est dans leur intérêt », a-t-il dit.
Une intervention  que certains étudiants trouvent d’insatisfaisante. Le président de l’ASEL a  fait savoir qu’une assemblée générale sera tenue à l’issue de laquelle les étudiants vont décider de poursuivre leur mouvement de grève ou de reprendre les cours.

samedi 16 février 2013











BANGUI : LE SYNAES RAPPELLE LES ENSEIGNANTS VACATAIRES À L’ORDRE

Bangui, 16 février 2013 (RJDH) – Lors d’une assemblée générale tenue, le Jeudi 15 février à l’Université de Bangui, le bureau exécutif du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES) a rappelé aux enseignants ‘’vacataires purs et durs’’ que les textes de base de cette structure interdisent  les actions menées hors cadre syndicale.
Cette observation intervient après que ces enseignants qui se sont réunis dans une équipe appelée ‘’collectif des vacataires purs et durs’’ ont suspendu les activités sur le campus universitaire pendant trois jours, afin de réclamer le payement de leur frais de vacation.
« On vient de leur dire clairement qu’ils ne peuvent pas se mettre en grève hors du SYNAES qui est une structure à l’intérieur de laquelle on doit discuter et poser nos problèmes. Ils ont compris et je crois qu’au sortir de cette assemblée tout rentrera  dans l’ordre », a déclaré Marcel Ounda,  membre du SYNAES.
Marcel Ounda propose une autre solution pour la satisfaction des grévistes. « Nous allons défendre cette question de la vacation devant les hautes instances du pays, puisqu’il en va ainsi de notre propre intérêt et également les enseignants vacataires font partie du corps académique », a-t-il dit.
La question du système Licence master doctorat (LMD), le payement de frais de vacation des enseignants et l’application de la nouvelle grille salariale était également débattueLes membres du SYNAES ont tenu à concilier toutes les revendications des heures de la vacation des enseignants titulaires et des vacataires.
« Sur le point du système LMD, nous avons compris que l’Université de Bangui n’a pas encore tous les outils nécessaires et possibles pour l’application de ce système. Il y a certaines facultés qui ont mis ce système en place par contre d’autres n’y arrivent pas. Cela pose énormément de problèmes », a- fait savoir Marcel Ounda.
Pour lui, « il faut que l’Etat arrive à soutenir efficacement ce système et aussi nous devons mettre en place de nouveaux programmes qui doivent concorder et s’adapter avec les autres universités du monde entier ».





mardi 12 février 2013









BANGUI : LA FACULTÉ DES LETTRES CONNAIT DE DIFFICULTÉS DANS LE DÉMARRAGE DES ENSEIGNEMENTS DE MASTER

Bangui, 8 févr. 13 (RJDH) – Les enseignements de master en Sociologie et en géographie sont en retard sur les autres filières des neuf départements que compte la Faculté des lettres et sciences a déclaré ce matin le 08 Février, Jean Kokidé, vice doyen de la faculté au RJDH.
« Le département de la sociologie est en retard puisque ce n’est que cette année que ce département s’est arrimé sur le système Licence-Master-Doctorat (LMD). Dans tous les autres départements, les cours ont démarré. Il était prévu dans le calendrier académique que l’administration a élaboré, que les cours au niveau master doivent commencer à partir du mois d’octobre 2012 pour finir au mois de mai 2013 », a attesté le vice doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines au RJDH.
« L’une des difficultés du terrain, c’est que nous ne pouvons pas démarrer les cours dans cette période sans prendre en compte les étudiants de licence 3, c’est pourquoi le master est suspendu jusqu’au mois de décembre pour permettre aux étudiants de licence 3 de s’arrimer sur le master en même temps avec leurs collègues », a-t-il expliqué.
Le vice doyen de la FLSH de compléter que « malheureusement la délibération de l’année 2011-2012 traine encore. Alors, nous sommes obligés de démarrer les cours de master sans les étudiants de licence 3, depuis le 10 décembre de l’année passée. En principe, à partir de 10 décembre les cours de master devraient déjà commencer ».
Il a par ailleurs soutenu que le cas qui leur tient beaucoup à cœur est celui de masters de sociologie et de la géographie qui continuent de trainer. « Jusque là, les collègues n’ont pas encore démarré. Interpellés par l’administration, ils ont promis de tenir un conseil du département demain samedi 09. On attend voir la suite d’ici là », a-t-il dit.











BANGUI : LES ENSEIGNANTS VACATAIRES DE L’UNIVERSITÉ ENTRENT EN GRÈVE

Bangui, 11 févr. 13 (RJDH) – Les activités académiques sont perturbées ce matin sur le campus universitaire, suite à une grève de trois jours enclenchée par des enseignants vacataires. Ceux-ci réclament le paiement de frais de vacation depuis 2010. Cette décision a été prise lors d’une assemblée générale tenue le samedi 09 février.
Il s’agit ‘’du collectif des vacataires purs et durs de l’Université de Bangui’’, qui a pour  mot  d’ordre « pas de vacation égal pas de cours ». Ce mouvement de  cessation des enseignements  est appliqué sur tout le campus, avec l’appui  de quelques  enseignants titulaires.
« Nous avons lancé ce mouvement de grève sur le campus juste pour revendiquer le versement de nos frais de vacation qui tarde à venir depuis l’année 2010. C’est notre droit le plus absolu. Ces vacations nous permettent de prendre en charge nos familles. C’est notre unique source de revenus. Comme dit cet adage ‘’toute peine mérite salaire’’, nous exigeons le versement de ces frais pour notre bien-être », a confirmé l’un des vacataires qui ont lancé ce mouvement de grève.
La même source ajoute qu’une équipe de surveillance a été mise en place pour contrôler l’effectivité de cette grève. « Ce matin nous avons sillonné pour demander à quelques uns de nos collègues qui dispensaient leurs enseignements ou composaient leurs étudiants d’arrêter », a-t-il signalé.
Les étudiants se disent surpris et consternés par ce mouvement de grève
« Je suis surpris et déconcerté de ce mouvement de grève des enseignants vacataires. La situation du pays est telle que nous n’en avons plus besoin. Là, c’est pour trois jours d’arrêt de cours, peut-être nous ne le souhaitons pas, cela peut s’allonger encore. Ce sera très dommage. Dans beaucoup de facultés, l’année académique qui vient de s’achever pour d’autres n’a pas encore pris fin définitivement », s’est plaint Grâce à Dieu Sathé, étudiant en droit.
Pour lui, l’université a connu ce genre de grève dans le passé et aussi les conséquences qui sont des retards énormes. Lorsqu’on tente de les résorber en peu de temps, on crée d’autres situations et d’autres difficultés du genre de baisse de niveau.
« Ce matin, on devait avoir un examen mais jusqu’à maintenant nous sommes tous dehors. Je ne sais pas si c’est à cause de cette grève. Même les étudiants de la 4ème  année des Sciences économiques sont informés par leur professeur ce matin qu’il soutient ses collègues, donc il ne peut pas faire cours. La conséquence de ce genre de situation est que nous sommes toujours en retard sur les autres université du monde », a déclaré Martinien Ulrich Zabanga, étudiant en année de licence en Administration et gestion des entreprises.
Certains étudiants souhaitent que ‘’le collectif des vacataires purs et durs’’ et le gouvernement puissent s’entendre pour la bonne marche de l’enseignement supérieur en Centrafrique.
« Ceux qui sont dans le gouvernement et le collectif des enseignants vacataires ont des enfants, des cousins, voire des parents qui étudient sur le campus universitaire.ils savent pertinemment comment les choses se passent ici et comment les conditions d’études sont dures,  la précarité totale. Nous leur demanderons de revenir aux meilleurs sentiments afin de sauver la situation déjà désastreuse. Notre avenir est entre leur main », a expliqué Francis Mogonbé, président le l’Association syndicale de la faculté des lettres.
Une responsabilité déclinée par le SYNAES
Interrogés par le RJDH, les membres du Syndicat autonome des Enseignants du Supérieur (SYNAES), décline la responsabilité de ce mouvement de grève orchestré par le collectif des vacataires et se disent aussi surpris et non informés.
« C’est à la radio que j’ai été également informé de ce mouvement de grève. Le motif, dit-on est lié, au non-paiement de frais de leurs vacations qui remontent aux années académiques 2010-2011 et 2011-2012. Je crois que pour la plupart c’est leur source de revenus, ils ont attendu en vain. C’est leur droit », a dit Marcel Kembé, premier rapporteur du SYNAES.
Il y a un cadre juridique et institutionnel bien défini au sein duquel tous les enseignants du supérieur doivent présenter leurs problèmes au gouvernement, qui est le SYNAES.
« Pour le moment, le SYNAES n’a pas encore déclenché un mouvement de grève sur le campus. Je confirme que ce mouvement a été décidé par le collectif de ceux qui sont appelés vacataires purs et durs et qui sont au nombre de 4O personnes. Comme ils ne peuvent que vivre à travers ces frais de vacation, ces collègues se sont désolidarisés du SYNAES pour mettre ce collectif en place enfin de revendiquer leur droit », a soutenu Bertrand Kenguetona, le Secrétaire Adjoint du SYNAES.
Il a par ailleurs indiqué qu’en amont de ce mouvement de grève, le SYNAES leur a conseillé de patienter jusqu’à l’assemblée générale qui va se tenir le 15 février prochain, enfin de décider ensemble de cette situation, mais ils sont passés outre.
« C’est de leur droit mais cela ne concerne pas vraiment le SYNAES pour l’heure, puisque ces revendications sont faites hors du cadre légal. Nous leur demanderons de participer massivement à l’assemblée générale du 15 février à l’occasion de laquelle nous aurons tous ensemble à prendre des décisions dans ce cadre là », a-t-il conclu.
Cette grève des enseignants vacataires a surpris tout le monde. Les premiers défavorisés sont les étudiants. Les uns vont manquer les séances de cours et d’autres vont certainement rater leurs examens puisque sur le campus ce n’est pas tous les enseignants qui vont respecter ce mouvement lancé par le collectif des vacataires purs et durs.

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